La Belle Escale ferme


17 juin 2016


L’établissement à Eteimbes, couru des amateurs de loto et de danse, a fermé le 5 juin.

 

Tony Willemin, directeur, et Jocelyne Calmelet, gérante. Photo DR

Le restaurant bar dancing La Belle Escale à Eteimbes vient de fermer ses portes. Situé en bordure de la RD83 à Eteimbes, à la frontière du Territoire de Belfort et du Haut-Rhin, l’établissement était dirigé depuis 1998 par Tony Willemin et géré par Jocelyne Calmelet. Une décision qu’ils ont prise à la suite du précontrôle qu’ils ont demandé pour la mise aux normes pour l’accueil des personnes à mobilité réduite. « L’objectif était de relever les points qui n’étaient pas bons sachant que régulièrement nous faisions des travaux d’amélioration. Lors du dernier passage de la commission de sécurité, il nous avait été demandé de retravailler la pente de notre rampe d’accès. Rien de plus », explique Tony Willemin. « Mais là, nous sommes tombés des nues ». Le diagnostic fait état de plusieurs chantiers à mettre en œuvre et notamment l’obligation de créer trois accès du fait de l’existence de trois activités. « Il nous fallait donc créer une seconde rampe et faire construire un ascenseur » , résume le directeur. S’ajoutent la création de nouvelles toilettes pour personnes handicapées, le changement des sorties de secours, de la centrale d’alarme. « Si l’on met tout bout à bout, l’ardoise est lourde. L’estimation des travaux que nous devrions réaliser s’élève à 92 000 €, sans les frais d’architecte. »

« Alors que la conjoncture actuelle est compliquée et que nous avions fait des investissements conséquents à la reprise de l’activité, il nous est aujourd’hui impossible d’engager de telles sommes. On ne peut plus suivre » , poursuit Jocelyne Calmelet. « Pour retomber sur nos pieds en investissant, il nous aurait fallu faire 2000 euros de bénéfices par mois en plus », avance Tony Willemin. « Or ces investissements ne vont pas attirer plus de monde. Nous accueillons déjà des personnes handicapées, notamment en fauteuil, lors de chaque loto. » Aussi, directeur et gérante n’ont même pas attendu le passage de la commission de sécurité. « Nous aurions risqué une fermeture provisoire sans pour autant avoir les moyens de faire les travaux. »

Pour autant, tous deux reconnaissent que l’entreprise fonctionnait bien. « Depuis le redressement judiciaire volontaire il y a cinq ans, nous nous en sortions bien. On avait du travail et l’entreprise était viable », rappelle la gérante. Pour preuve, le calendrier des lotos affichait complet jusqu’en 2018. Jocelyne Calmelet est à deux ans de la retraite. « Avec ces règles qui ne font que changer, j’ai l’impression qu’on fait tout pour nous empêcher de travailler, d’avancer. D’ailleurs qui nous dit que cela ne changera pas à nouveau dans trois ans ? »


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