À Eteimbes, Thierry Klingler : « J’aime faire des choses pour les autres »
D’abord conseiller municipal, puis adjoint et, depuis mars dernier, maire d’Eteimbes. Thierry Klingler a le sens de l’ordre et aime s’investir. Entre son mandat, son métier de cadre manager chez Stellantis et une vie personnelle bien remplie, il jongle avec les casquettes sans jamais renoncer à ce qui l’anime.
« Est-ce que la population va être d’accord ? », « Ai-je les épaules pour le faire ? ». Avant de prendre la relève d’Yves Conrad à la tête de la municipalité d’Eteimbes, Thierry Klingler s’est posé « beaucoup de questions ». Son attachement « aux gens d’ici » et sa volonté de ne pas « laisser la commune à l’abandon » l’ont finalement décidé à « tenter l’expérience ».
Originaire de Pfetterhouse, où il a vécu jusqu’à ses 18 ans, il a ensuite passé quelques années à Mulhouse avant de poser ses valises en 2003 dans ce village de 414 habitants, situé aux confins du Sundgau, à la limite du Territoire de Belfort. Dès son arrivée, il a proposé ses services à la mairie, faisant peu à peu son chemin dans la vie communale. D’abord comme conseiller durant six ans, puis comme adjoint lors d’un deuxième mandat.
« C’est fou le nombre de choses que j’ai apprises »
Thierry Klingler a conduit la seule liste en lice lors des élections municipales de mars dernier, composée à parts égales d’élus sortants et de nouveaux venus. « En six mois, c’est fou le nombre de choses que j’ai apprises. Il y a plein d’interlocuteurs à découvrir et ils sont là pour vous aider », remarque l’homme de 52 ans. À l’inverse, comme beaucoup de ses pairs, il déplore « la lourdeur administrative » de la fonction.
Derrière la prise en main de cette nouvelle mission, c’est surtout l’envie de « rendre le village meilleur » et de faire en sorte « que les personnes s’y sentent bien » qui guident Thierry Klingler. Très soucieux par ailleurs du « respect des règles ». « Il y a une bonne ambiance, une symbiose ici. Quand on fait quelque chose en termes associatifs, les gens sont aux rendez-vous », apprécie-t-il.
Un diplôme tardif, comme une revanche
Combiner son rôle de maire et son métier lui aura demandé un peu de temps. « Au début, je n’arrivais pas à m’organiser. Puis j’ai calé mes horaires en fonction de mon agenda professionnel. » Voilà 36 ans que ce passionné de voitures travaille chez Stellantis. Apprenti à ses débuts, il occupe aujourd’hui le poste de cadre manager dans l’entreprise automobile. Une place qu’il doit aussi à sa « crise de la quarantaine », moment où il a décidé de reprendre ses études pour décrocher un master en management de projet à l’Université de Haute-Alsace (UHA). Une « victoire personnelle » pour celui qui n’a pas oublié une remarque entendue à la sortie du collège, lorsqu’une professeure lui avait prédit qu’il « ne ferait rien de sa vie ».
Une place pour le sport et la fête
Thierry Klingler parvient désormais à tout concilier, sans renoncement. « Dire qu’on n’a pas le temps de faire, c’est une fausse excuse. » Ses multiples engagements l’illustrent : il est président du syndicat qui gère le RPI des Cardamines (regroupement pédagogique intercommunal entre Eteimbes, Bellemagny, Bretten, Saint-Cosme et Bréchaumont) et vice-président de l’association locale ALS (Arts loisirs et sport). Père de famille, il pratique du sport trois à quatre fois par semaine, adore « faire la fête » et recevoir ses amis. En prime, il est un donneur de sang régulier. « J’aime faire des choses pour les autres », confie-t-il.
Tout ce programme est minutieusement inscrit sur son agenda qu’il dévoile sur l’écran de son téléphone portable. « Je fonctionne à l’électronique, je n’ai plus de papier », explique ce grand utilisateur de ChatGPT. Pour le rencontrer, pas de permanence en mairie, il s’agit simplement de prendre rendez-vous. Une manière de fonctionner qui lui ressemble : structurée, pragmatique et toujours tournée vers l’action.
