Sundgau : « La promesse d’un car le matin a été tenue, c’est déjà bien… »


19 septembre 2022


Le mauvais feuilleton du transport scolaire dans le Sundgau complique depuis la rentrée la vie de nombreuses familles. Pour ce lundi 19 septembre, la Région a promis un car pour tous les élèves. On a pris deux exemples au hasard pour un état des lieux qui reste mitigé. Une résolution progressive des soucis est malgré tout enclenchée.

 

Un car pour tous les élèves : une promesse qui demande encore quelques réglages horaires…  Photo DNA /Noëlle BLIND-GANDER

 

« Il nous faut tout faire pour sortir de l’ornière ! », considérait la semaine dernière Gilles Fremiot, conseiller régional. Une expression on ne peut plus adaptée au Sundgau où l’arrivée des élèves à 8 h (et le retour à des heures décentes le soir) dans les huit établissements secondaires dispersés dans ce vaste secteur rural, a toujours tenu du petit miracle ! Avec, il est vrai, quelques accrocs chaque année mais qui étaient réglés le plus rapidement possible au niveau local, notamment par le syndicat des affaires scolaires d’Altkirch (Siasa), qui était un maître d’œuvre aguerri en la matière, par délégation de la Région.

Cette année, la mise au point de ces circuits et le suivi sur le terrain ont changé de mains, les services de la Région s’en occupant directement, appel d’offres compris (lire par ailleurs), et le miracle a montré ses limites. Il faut des moyens en hommes et en véhicules et une connaissance fine du terrain et de ses aléas pour qu’il se réalise. Ces éléments n’ont pas été au rendez-vous pour des raisons diverses avancées par la Région et le transporteur titulaire du marché ( lire nos précédentes éditions ), mais avec des conséquences que l’on n’aurait, par le passé, jamais imaginées pouvoir se produire : absence prolongée de cars, horaires déconnectés de ceux des établissements, enfants entassés dans les véhicules, largués sur les routes, oubliés à l’arrêt de bus…

« Promesse tenue, c’est bien mais… »

Promesse ayant été faite pour ce lundi par la Région que les choses allaient « s’améliorer nettement », un parent d’élève de Gildwiller à qui on avait tout simplement confirmé en début de semaine dernière, et sans autre forme de procès, qu’il n’y avait plus de bus le matin pour emmener sa fille au lycée d’Altkirch, nous a fait part de son expérience de ce lundi : « J’ai reçu un SMS samedi et en me connectant (au site de Fluo Grand Est , NDLR.), j’ai découvert que le matin, un bus était prévu à 6 h 43 à l’arrêt Forêt de Gildwiller ; et pour le soir, un départ à 18 h sur une fiche horaire et sur une autre, un départ à 18 h 20 avec une correspondance. Ce matin, le bus est arrivé à 6 h 59 et s’est arrêté à la gare d’Altkirch, les enfants ont attendu une navette qui les a emmenés au lycée où ils sont arrivés à 7 h 40. Pour ce soir lundi, ce sera la surprise. La promesse d’un car le matin a été tenue, c’est déjà bien. Mais 6 h 43, c’est tôt pour un retour prévu à 18 h 30, en espérant que cela ne dure pas toute l’année, les élèves vont être fatigués. »

Mauvaise surprise

Une mauvaise surprise, en revanche, est tombée du côté de Ranspach-le-Bas ce lundi, ainsi qu’en témoigne une autre mère de famille. « Jusqu’à présent, je louais le ciel de ne pas être concernée par les problèmes de transport scolaire mais samedi, j’ai eu un SMS m’informant d’un changement sur la ligne emmenant ma fille au lycée Sonnenberg de Carspach. Rien ne change le matin, depuis la rentrée, elle prend le bus normalement et arrive à l’heure au lycée ; mais le soir à la fin des cours à 17 h, elle avait un bus à 17 h 20 qui était direct entre Carspach et Huningue et la déposait à 17 h 43 à Ranspach-le-Bas ; un second bus partait à la même heure du lycée mais bifurquait vers Helfrantzkirch et les communes au-delà. Maintenant, il n’y a plus qu’un seul bus le soir qui fait une énorme boucle dans tout le coin frontalier et qui la dépose à 19 h 08 à la maison. D’une part, je ne sais pas comment on peut faire rentrer l’équivalent de deux bus dans un seul alors que des enfants étaient déjà debout dans son bus précédemment ; d’autre part, ma fille a demandé au chauffeur si elle pouvait descendre à Helfrantzkirch, au plus proche de chez elle, pour s’éviter plus d’une heure et demie de bus contre 20 minutes auparavant, elle s’est vue opposer un refus car sa carte de bus indique Ranspach-le-Bas ! » « Si la solution est de déshabiller Pierre pour habiller Paul, ça ne peut pas marcher », conclut-elle, reprenant la plainte récurrente des parents qu’il est « impossible de joindre quelqu’un » pour exprimer ses soucis et doléances.

Archives L’Alsace /Vanessa MEYER

Des pénalités à assumer ?

Si nombre de parents ne veulent pas se préoccuper des raisons qui ont amené à la situation d’aujourd’hui et réclament tout simplement des cars en temps et en heure pour leurs enfants, d’autres pointent avec plus de virulence l’appel d’offres public fait par la Région pour assurer ce service. « Les 18 lots du marché ont été très mal divisés, ne permettant pas aux petits transporteurs de répondre. En réalité, la Région a acheté un prix et ce sont nos enfants qui en pâtissent », estime cet habitant de Dannemarie qui souhaiterait notamment des informations sur les pénalités prévues dans l’appel d’offres en cas de non-respect des engagements par le transporteur. « Pourra-t-on se faire rembourser de nos frais d’essence alors que les prix sont au plus haut ? ».

« Un appel d’offres trop énorme »

Interrogée sur la possibilité qu’elle avait ou non de répondre à l’appel d’offres incriminé par nombre de parents, la société locale de transport Express Sundgoviens de Ballersdorf n’a pas souhaité s’exprimer dans l’immédiat sur cette question. Hervé Damotte, responsable de la société Sundgau Voyages de Pfetterhouse a donné quelques éléments d’explication. « J’ai posé ma candidature pour pouvoir suivre deux jours de stage pour pouvoir postuler. Une fois le cahier des charges reçu, j’ai constaté que c’était trop énorme, ça aurait représenté des mois de travail. J’aurais dû engager un juriste pour pouvoir y répondre car je n’ai pas de formation spécifique pour ça. J’ai directement proposé à Transdev d’être sous-traitant sur les lignes de mon secteur et comme cette société a remporté le marché, ça s’est bien passé pour moi. » Néanmoins, Hervé Damotte souligne qu’il « aurait fallu s’appuyer davantage sur les transporteurs locaux et découper les lots par secteurs. Ce qui aurait aussi permis un plus pour l’environnement, avec des cars proches de leurs circuits ».


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